dimanche 17 février 2013

spotted...

.... ou le nouvel usage du :
"tu veux pas aller porter ce mot à ta copine mais tu dis pas que c'est moi hein ?"

Parents d'ados, d'étudiants, ... Ce billet va vous permettre de redorer votre éclat auprès d'eux et de briller dans les salons de Madame la sous-préfète, car les "Spotted" risquent d'être les prochains sujets de conversation à la mode : "et toi tu as été spotté ?"
Peut être sera-ce aussi l'occasion de réfléchir à l'utilisation d'un "spotted" dans votre bibliothèque, centre de doc ou tout endroit accueillant du public ?

Le spotted nous viendrait d'Angleterre et c'est la version moderne des petites annonces des pages de Libé : "toi que j'ai aperçu dans le métro, tu portais un pull jaune tu es descendu à la station..." Et je ne t'ai jamais revu, si tu veux me revoir je t'attendrai tous les jours à 18h au pied....". Ces annonces, c'était la bouteille à la mer de l'amoureux transi et désespéré, c'était comme jouer au Loto : vous n'aviez quasiment aucune chance de gagner.
Seulement voilà les temps changent, Internet et les réseaux sociaux sont passés par là : dorénavant Les "spotted" remplacent ces annonces désespérées et permettent de réaliser ces rencontres qui n'auraient jamais du avoir lieu... Pour le meilleur ou le pire.
On pourra se demander si pour l'inconscient, le fantasme de l'inconnu, de l'amour jamais accompli, n'est pas une part nécessaire à la construction de l'âme ?
Bref , foin de ces considérations, concrètement  "Spotted" signifie "repéré" et c'est sur Facebook que ça se passe ou plutôt que c'est en train d'exploser.
Le principe : vous avez aperçu un/une inconnue/e qui vous a tapé dans l'oeil chaviré le coeur et vous ne savez comment lui déclarer votre flamme (en fait ça, c'est la version romantique ;-) Alors vite une recherche sur Facebook avec "Spotted + le lieu ou vous avez rencontré votre inconnu/e" et là si vous avez de la chance vous pourrez poster anonymement un message qui apparaîtra sur le mur du lieu :



Nombre de lieux très fréquentés fleurissent sur les "spotted" :

Avec très vite la question qui fâche : qui gère ces communautés "spotted" ? A lire l'en-tête ci-dessus je pense que la CREA propriétaire du métro rouennais n'est pas vraiment partie prenante dans l'histoire où alors leur community manager va devoir prendre quelques cours de grammaire et orthographe ;-) 
Et c'est là, qu'à mon sens, le bât blesse, ces communautés sont gérées par des anonymes dont on peut supposer qu'ils ont les intentions les plus louables, évidemment, et qu'ils sont totalement dévoués à la communauté qu'ils gèrent ?
Mais une fois de plus ce mode de communication échappe complètement aux institutions : la BNF, la BPI et bien d'autres ont déjà leur communauté 


C'est le principe à chaque fois si vous n'êtes pas réactifs d'autres le seront pour vous et vous risquez de voir vous échapper complètement une nouvelle forme de communication qui se fera avec plus ou moins de bonheur : 

La gestion d'une communauté n'est pas sans écueils et peut amener des dérives graves.
La laisser reposer sur des personnes qui sont eux-mêmes partie prenante peut être dangereuse et tourner aux règlements de compte, aux propos outranciers, aux insultes et à la mise au ban de personnes dont le comportement ne collerait pas à celui du groupe. Il faut savoir garder ses distances, ne pas porter de jugements et c'est plus facile quand on n'est pas directement impliqué !
Ce petit paragraphe c'est au cas ou certains jeunes liraient ce post, en effet, Generation Y m'a expliqué que dans certains lycées cela se passe très mal et l'anonymat était souvent mis à mal. 
Et on risque d'ici peu d'avoir un reportage alarmiste dans le journal de 20h de TF1 : "Spotted le nouveau danger de la toile pour nos enfants !" 

Or il faut rester optimiste, si on m'avait dit que grâce à Facebook nos ados feraient des rimes... ;-)
Faisons confiance à nos enfants et surtout tenons-nous au courant, encore et toujours de ce qu'ils font sur la toile.
Et en tant que gestionnaires de lieux publics à nous aussi de nous tenir informés car nous savons que nos bibliothèques ont toujours été des lieux propices aux rencontres ou plus si affinités :



;-)


[mise à jour] le spotted de l'Université de Rouen avec son bandeau qui confirme ce que j'écrivais ci-dessus et connu de tous : la bib le lieu ou l'on peut rêver et plus...


1 commentaire:

Rincevent a dit…

En fait, il faudrait développer le principe inverse : l'antispot.

Toi, le type au pull rouge qui m'a bousculé en descendant du bus n°2 ce matin. Si tu pouvais t'arranger pour ne pas me recroiser ce serait super. Merci de ta coopération.

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